Le territoire

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Le GAL Pays des tiges et chavées couvre le territoire des Communes d'Assesse, Gesves et Ohey. Il se situe dans le Condroz, en Province de Namur, dans le triangle formé par les villes de Namur, Andenne et Ciney. A la sélection du GAL en 2008, le territoire compte quelques 17.400 habitants pour 200 km², soit une densité de 87 habitants/km². Voir la carte du territoire GAL.

Tiges et chavées
Mobilité
Mixité de population
Résidentialisation-périurbanisation
Changements sociaux
Etude AFOM

 

  • Tiges et chavées

    Suivant Jean Germain, linguiste à l'Université Catholique de Louvain, le mot wallon tîdje, adapté sous une forme française "tige" (au masculin) ou "tiège"  est un mot typique du Condroz pour désigner les chemins de terre, non empierrés, qui suivent les lignes de crête. Il s'agissait souvent de chemins verts, gazonnés, assez larges, fréquentés par le troupeau communal, la herde. Le mot wallon chavéye, adapté en "chavée" en français désigne des chemins de campagne creux, fortement encaissés de chaque côté, bordés de haies et de buissons. Le GAL a choisi ce nom pour renforcer l'approche territoriale de sa démarche qui prend place au coeur du Condroz.



Le territoire s'inscrit dans une dynamique de périurbanisation dont voici les principales caractéristiques, suivant Daniel Bodson, sociologue, Université Catholique de Louvain.

 

  • Mobilité

    Une caractéristique spécifique du mode de vie actuel en Wallonie rurale est l'obligation pour tous d'être mobiles constamment. Cette mobilité constante indique une mutation radicale du mode de vie dans les communes rurales. A l'heure actuelle, plutôt que de se délocaliser pour se rapprocher d'un emploi ou des services offerts par la ville, nombre de ruraux préfèrent effectuer des déplacements quotidiens. Cette mobilité permanente mais nécessaire se double de l'obligation de disposer d'une ou plusieurs voitures, ce qui n'est pas à la portée de tous. En termes de développement rural, un des enjeux est de garantir la mobilité de toutes les catégories d'habitants du monde rural tout en minimisant l'impact de cette mobilité accrue sur l'environnement.

 

 

  • Mixité de population

    Dans une situation rurale traditionnelle, l'activité agricole était l'activité principale dans les villages, mais de plus, l'activité agricole produisait-elle la culture structurante dans les villages. Dans le contexte actuel, la question de la position et du statut de l'agriculteur se pose. La profession est en profonde mutation : être agriculteur, c'est une profession dont les conditions d'exercice ne relèvent plus du niveau local, mais bien du niveau européen, voire du marché agro-alimentaire international. En outre, le nombre d'exploitations agricoles en Wallonie et le nombre d'emplois agricoles sont en diminution constante. La culture agricole n'est plus celle qui impose son bon usage à l'espace villageois au moment où les attentes des différents utilisateurs de l'espace rural se multiplient et se renforcent.


    Il faut donc prendre acte que l'usage de l'espace rural n'est pas ou plus unique. Afin d'éviter les conflits d'usage entre les fonctions productives (cela ne concerne donc pas uniquement et exclusivement l'activité agricole), résidentielles, récréatives, touristiques et environnementales de l'espace rural, il convient de mettre en place un modus vivendi qui prenne en compte les attentes légitimes des différents utilisateurs de cet espace rural. L'enjeu est de savoir comment vivre « sa » ruralité sans empêcher « l'autre » de vivre librement la sienne dans le respect des lois et des réglementations en vigueur.

 

 

  • Résidentialisation-périurbanisation


    L'espace rural connaît depuis plusieurs années un processus particulier que l'on peut appeler le phénomène de résidentialisation, c'est-à-dire une mutation fondamentale du rapport aux villages qui deviennent des lieux d'habitat retenus d'abord pour leur environnement physique et social.

    Ce processus de périurbanisation est essentiellement dû aux facteurs suivants : la détérioration du cadre urbain (augmentation des pollutions et nuisances, insécurité, dégradation du bâti, diminution des espaces verts, …), le développement significatif du parc automobile et des infrastructures routières, l'augmentation du niveau de vie et de l'individualisme qui s'exprime notamment par l'affirmation du modèle d'habitat quatre façades entouré d'un vaste jardin clos, les mouvements qui prônent le retour à la nature et la recherche d'une meilleure qualité de vie mais aussi la prédisposition ou le volontarisme des collectivités locales, qui, compte tenu du régime de fiscalité actuel, peuvent être enclines à attirer des nouveaux ménages avec des revenus élevés. 

    Ce qui est la base de ces choix de lieu de résidence, c'est d'abord une philosophie de vie, qui se dit comme le refus, l'impossibilité de vivre en ville et le plaisir de vivre à la campagne. C'est donc une option existentielle beaucoup plus qu'identitaire.

    Il y a donc un changement fondamental du statut des villages : d'un mode de vie contraint par naissance, le village devient un cadre de vie choisi par établissement de résidence. D'un lieu de production lié aux secteurs primaire et secondaire, le village devient un lieu de résidence pour une population dont l'activité se concentre de plus en plus vers un secteur tertiaire délocalisé. La vie au village est dès lors moins autocentrée et donc davantage raisonnée par rapport à un territoire plus vaste, en ce compris la ville.

 

  • Changements sociaux


  • Les modes de sociabilité prennent de nouvelles formes au sein des villages. Elles sont d'avantage conviviales plutôt qu'identitaires, centrées la plupart du temps sur le triple principe de la rencontre peu formelle, très épisodique et à l'extérieur de la maison, ne débordant pas sur le quotidien même si apparaissent aussi ces derniers temps de nouveaux réseaux informels d'échanges de services basés sur des principes de réciprocité et de solidarité.





    A souligner enfin que la redistribution spatiale de la population au travers de la mobilité se double d'un processus de fragilisation sociale liée notamment à l'évolution du coût de l'immobilier et de l'accès au travail, ce qui provoque un nivellement socio-économique vers le haut. Un des enjeux en termes de développement rural est de prendre en compte ce risque de dualisation sociale.

 

  • Atouts Faiblesses Opportunités Menaces


    Retrouvez ici l'étude AFOM  propre au territoire du GAL Pays des tiges et chavées.


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A concept of Expansion